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Au début, j’utilisais ChatGPT un peu comme beaucoup de monde : par curiosité, pour poser quelques questions, faire des recherches sur des news tech, préparer un message à envoyer à une marque ou encore obtenir rapidement un brief sur un produit que je devais tester pour le blog. C’était pratique, parfois impressionnant, parfois un peu bancal, mais ça restait finalement un outil que j’ouvrais ponctuellement quand j’avais une question précise.

Quelques années plus tard, mon usage a complètement changé.

Aujourd’hui, ChatGPT fait partie des outils que j’utilise quasiment tous les jours, au même titre que mon navigateur, Lightroom, WordPress ou mes applications de notes. Je ne l’utilise plus uniquement pour obtenir une réponse : je l’utilise pour réfléchir, structurer une idée, organiser un voyage, apprendre à utiliser un appareil, chercher des informations techniques ou simplement faire le tri dans une quantité d’informations que je n’ai pas forcément envie de parcourir moi-même.

Et surtout, je ne repars quasiment plus jamais de zéro.

Au début, c’était surtout un moteur de recherche amélioré

Mes premiers usages étaient assez classiques. Je pouvais demander à ChatGPT de rechercher les dernières informations sur un appareil, de m’expliquer rapidement une fonction ou de me faire un résumé des caractéristiques d’un produit que je venais de recevoir.

Pour le blog, c’était déjà assez pratique.

Quand une marque m’envoyait un appareil à tester, je pouvais par exemple demander un brief complet avec les caractéristiques importantes, les points à vérifier pendant le test, les différences avec la génération précédente ou encore les fonctionnalités susceptibles d’être intéressantes pour mes lecteurs.

Je l’utilisais également beaucoup pour préparer des messages destinés aux marques. Quand je voulais demander un produit en prêt, relancer un contact presse ou proposer un test, je pouvais partir de quelques phrases écrites rapidement et obtenir un mail correctement structuré en quelques secondes.

Cela ne révolutionnait pas complètement mon quotidien, mais cela faisait gagner du temps.

Puis, petit à petit, je me suis aperçu que ce qui m’intéressait réellement n’était pas forcément la capacité de ChatGPT à écrire à ma place, mais plutôt sa capacité à prendre quelque chose de désordonné et à le rendre exploitable.

Pour le blog, je lui donne parfois mes idées en vrac

C’est probablement aujourd’hui l’un de mes usages les plus fréquents.

Quand je teste un produit, je ne m’installe pas forcément devant une page blanche en essayant immédiatement d’écrire un article parfaitement structuré. Pendant plusieurs jours, je prends des notes, je donne mes impressions, je relève des détails et je change parfois d’avis au fur et à mesure de l’utilisation.

Je peux ensuite envoyer tout cela à ChatGPT quasiment tel quel.

Par exemple : « l’écran est excellent », « l’autonomie est meilleure que prévu », « la fonction IA est sympa mais un peu gadget », « la charnière s’oublie complètement après quelques jours ».

À partir de là, on peut commencer à construire l’article ensemble, déterminer les points qui méritent une vraie section, raccourcir ceux qui n’en valent pas la peine et essayer de garder quelque chose qui ressemble davantage à un retour d’expérience qu’à une fiche technique.

C’est également devenu une sorte de dernier passage obligé après la rédaction : titre, méta description, slug, extrait WordPress, mots-clés, catégories et parfois quelques idées d’illustrations.

Mais il reste un problème assez évident : ChatGPT a un style ChatGPT.

Certaines formulations reviennent beaucoup, les transitions sont parfois trop propres et les textes peuvent vite avoir cette impression de rédaction parfaitement calibrée que l’on commence à reconnaître un peu partout sur Internet.

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’utilise de plus en plus les projets et leurs instructions personnalisées. En donnant du contexte sur ma manière d’écrire, mes articles précédents et les formulations que je préfère éviter, le résultat se rapproche beaucoup plus de ma façon naturelle de raconter les choses.

Ce n’est toujours pas parfait, mais la différence par rapport à mes premiers essais est assez énorme.

ChatGPT a remplacé une partie de ma veille tech

Autre changement beaucoup plus important que je ne l’aurais imaginé : j’utilise maintenant ChatGPT pour une partie de ma veille technologique.

Pendant longtemps, ma routine consistait à parcourir plusieurs sites, quelques réseaux sociaux, des flux RSS et différentes sources spécialisées afin de voir ce qui venait de sortir.

Je continue évidemment à consulter directement certains sites, mais j’ai également créé plusieurs briefs récurrents. L’intérêt n’est pas uniquement de résumer les articles. Ce que je demande surtout à ChatGPT, c’est de faire le tri à ma place.

Je n’ai pas besoin de voir passer quinze articles sur la même annonce Apple ou cinq reprises du même communiqué de presse. Je préfère qu’il me sélectionne les informations importantes, qu’il les hiérarchise et qu’il mette davantage en avant les sujets susceptibles de m’intéresser réellement : photo, audio, gaming, gadgets, SteamOS, mini-PC ou nouvelles technologies un peu originales.

C’est peut-être là que mon usage a commencé à changer profondément. Je ne demandais plus seulement : « qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui ? » Je demandais plutôt : « qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui que je devrais probablement lire ? »

La nuance est importante.

La mémoire change complètement l’expérience

Pour moi, l’un des progrès les plus intéressants de ChatGPT ces dernières années n’est pas forcément lié à la qualité brute du modèle, mais à sa capacité à conserver du contexte entre plusieurs discussions et plusieurs projets.

C’est ce qui fait qu’aujourd’hui je peux commencer une conversation sur un appareil, la reprendre quelques jours plus tard et ne pas avoir besoin de réexpliquer tout ce que je possède déjà ou tout ce que nous avions décidé précédemment.

Quand je cherche un casque audio, par exemple, il est beaucoup plus intéressant que ChatGPT sache déjà que j’aime les gros casques circum-auraux, que j’utilise des baladeurs dédiés et que je préfère généralement une écoute filaire à une paire d’écouteurs Bluetooth.

Même chose pour la photo, le gaming ou le matériel informatique.

Cela transforme progressivement ChatGPT en quelque chose qui ressemble moins à un moteur de recherche et davantage à un conseiller qui connaît déjà le dossier.

Quand je pose une question sur un nouvel appareil photo, je n’ai pas forcément envie qu’on me donne une liste générique des meilleurs modèles du marché. Je veux plutôt savoir lequel pourrait avoir du sens par rapport à ce que j’utilise déjà.

C’est évidemment beaucoup plus efficace. Et, forcément, beaucoup plus difficile à remplacer une fois qu’on y a pris goût.

Préparer un voyage devient presque une conversation

Les voyages sont un autre domaine dans lequel j’utilise énormément ChatGPT.

Pour préparer un week-end entre amis, je peux simplement donner quelques contraintes : nombre de personnes, destination, durée, type d’ambiance recherchée et budget approximatif.

À partir de là, on peut construire progressivement le séjour : choisir un quartier où dormir, trouver des restaurants, identifier deux ou trois visites intéressantes, vérifier les distances et décider si une voiture est réellement nécessaire.

Pour notre voyage au Québec, l’usage est encore plus poussé.

On peut partir d’un itinéraire très large entre Montréal et plusieurs régions du Québec, puis discuter étape par étape : combien de nuits passer dans les Laurentides, où dormir avant de partir vers Charlevoix, quelles routes sont intéressantes, quels endroits valent réellement un détour et lesquels peuvent probablement être supprimés.

C’est beaucoup plus proche d’une discussion avec quelqu’un qui connaît la destination que d’une simple recherche Google.

Et surtout, l’itinéraire évolue naturellement.

On peut décider aujourd’hui de rester deux nuits dans une région, changer d’avis demain après avoir trouvé un logement intéressant, puis recalculer la suite sans reprendre toute la réflexion depuis le début.

C’est exactement le type d’usage pour lequel la conservation du contexte devient très pratique.

Le manuel de 300 pages devient un professeur particulier

C’est probablement l’usage qui continue à m’impressionner le plus. J’aime énormément les appareils techniques, mais je n’aime pas forcément lire un manuel complet avant de pouvoir commencer à m’amuser avec.

ChatGPT est particulièrement intéressant dans cette situation.

Je l’utilise par exemple régulièrement avec DCS World, le simulateur de vol militaire, où certains avions disposent de centaines de commandes et de procédures différentes. Quand je veux apprendre une fonction précise du F/A-18 ou du F-14, je peux poser une question très concrète : comment fonctionne tel mode du pilote automatique, comment régler le TACAN, quelle procédure utiliser pour larguer un réservoir externe ou comment configurer certains armements.

Au lieu de chercher l’information dans plusieurs centaines de pages de documentation, je peux demander une explication adaptée exactement à ce que je suis en train de faire. Et si quelque chose ne fonctionne pas, je peux continuer la conversation : « J’ai fait ça, mais je ne vois toujours pas l’indication sur mon écran. » On passe alors du manuel à une sorte de dépannage interactif. ChatGPT me demande même parfois de faire une photo des écrans de mon F18 pour m’aider encore plus efficacement. Incroyable.

J’ai poussé encore plus loin cette logique avec le Teenage Engineering EP-133 K.O. II.

Au lieu de demander simplement comment fonctionne la machine, j’ai demandé à ChatGPT de devenir progressivement mon professeur. On a commencé très simplement : créer un beat. Puis travailler le groove. Ensuite le timing, ajouter une basse, créer une variation et enfin ajouter une mélodie.

Chaque étape venait uniquement lorsque la précédente était maîtrisée.

Et pour quelqu’un qui débute avec une machine de ce type, c’est extrêmement efficace. Le manuel explique ce que fait chaque bouton. ChatGPT peut essayer de comprendre ce que je suis capable de faire maintenant et quelle devrait être la prochaine étape.

C’est une différence énorme.

Pour choisir un produit, je lui demande surtout de faire le tri

Il y a également tous les achats et toutes les hésitations technologiques.

Une montre Garmin pour remplacer éventuellement mon Apple Watch Ultra. Un casque. Un appareil photo. Des pneus pour une voiture électrique. Un ordinateur. Un sac photo.

Dans ce type de recherche, je pourrais évidemment ouvrir Google, lire une dizaine de tests et construire moi-même un tableau comparatif. Mais je peux aussi expliquer directement ma situation.

Prenons l’exemple des montres Garmin.

Je peux préciser que j’utilise aujourd’hui une Apple Watch Ultra, que mes usages sportifs tournent notamment autour du padel, que je surveille mon sommeil et mes données de santé et que j’utilise Bevel pour interpréter certaines informations.

À partir de là, la question n’est plus :

« Quelle est la meilleure Garmin ? »

Mais :

« Quelle Garmin aurait réellement du sens pour remplacer mon Apple Watch Ultra compte tenu de mes usages ? »

C’est exactement là que ChatGPT devient intéressant.

Il ne remplace pas forcément les tests ou les sources spécialisées, mais il peut lire, comparer et surtout éliminer rapidement une grande quantité d’options qui ne correspondent pas à mes besoins.

Au début, j’ouvrais ChatGPT quand j’avais une question

Aujourd’hui, je l’ouvre surtout quand j’ai quelque chose à faire. Je pense que c’est finalement ce qui résume le mieux l’évolution de mon utilisation. Il n’a pas remplacé un outil unique.

Il a remplacé un petit morceau de Google, une partie de ma veille RSS, quelques tableaux comparatifs, certains guides touristiques, une partie des modes d’emploi et même parfois la discussion avec quelqu’un à qui je demanderais un deuxième avis.

Et c’est précisément ce qui commence à me poser quelques questions.

Est-ce que je commence à trop m’appuyer dessus ?

Je ne vais pas faire semblant : si ChatGPT disparaissait demain, il me manquerait immédiatement. Je l’utilise tous les jours et parfois plusieurs fois dans la même journée. Il y a donc forcément une question de dépendance qui commence à apparaître.

Est-ce que je prends encore le temps de chercher certaines informations moi-même ? Est-ce que je risque progressivement de déléguer une partie de ma réflexion ? Et est-ce que cette facilité ne finit pas par modifier notre manière d’apprendre ou simplement de prendre une décision ?

Je n’ai pas forcément de réponse définitive.

Il y a aussi la question des ressources nécessaires pour faire fonctionner ce type de service. Chaque requête semble presque gratuite lorsque l’on écrit simplement quelques lignes dans une fenêtre de discussion, mais derrière cette interface extrêmement simple se trouvent évidemment des infrastructures considérables.

C’est quelque chose auquel je pense davantage aujourd’hui qu’au début.

Pour autant, je ne vois pas vraiment mon utilisation diminuer. Probablement même l’inverse. Parce qu’avec la mémoire, les projets, les recherches et la possibilité d’adapter progressivement le fonctionnement de ChatGPT à mes habitudes, l’outil devient de plus en plus personnel.

Et c’est peut-être finalement le changement le plus important.

Il y a quelques années, ChatGPT était un site sur lequel je venais poser une question. Aujourd’hui, c’est devenu un endroit où je peux reprendre une réflexion commencée plusieurs semaines auparavant, continuer à préparer un voyage, avancer sur un article, apprendre à utiliser une nouvelle machine ou simplement demander un avis en sachant qu’une partie du contexte est déjà là.

Ce n’est plus vraiment un outil que je teste. C’est désormais un outil que j’utilise.

Et puis il reste la question des ressources

Il y a malgré tout un sujet que j’ai de plus en plus de mal à mettre complètement de côté : celui des ressources nécessaires pour faire fonctionner tout ça.

Derrière une simple question posée dans une fenêtre de chat, il y a des centres de données, des GPU, de l’électricité, du refroidissement et donc une consommation bien réelle, même si elle reste totalement invisible pour l’utilisateur. Et forcément, quand on passe de quelques requêtes par semaine à plusieurs dizaines d’interactions par jour, on finit par se demander si tous ces usages sont réellement nécessaires, ou si l’on ne cède pas parfois à la facilité simplement parce que l’outil est là. Je n’ai pas envie de tomber dans la culpabilité à chaque prompt, pas plus que je n’ai envie d’ignorer complètement le sujet. Comme pour beaucoup de technologies que j’utilise au quotidien, j’essaie plutôt de garder en tête qu’un service numérique n’est jamais totalement immatériel.

ChatGPT m’apporte aujourd’hui énormément de confort, de gain de temps et parfois même de nouvelles manières d’apprendre ou de travailler, mais ce confort a forcément un coût énergétique et matériel. Et plus l’outil prend de place dans mon quotidien, plus cette question mérite, à mon avis, de rester dans un coin de ma tête.

Et c’est quoi la suite ?

Et la, je suis bien incapable de prédire quoi que ce soit. Qu’est ce que je ferai avec l’IA dans 2 mois, 2 ans, 20 ans ? Est ce que la conscience écologique générale va faire redescendre les usages à un niveau normal ? Est ce que cette bulle de l’IA va exploser un jour ?

Beaucoup de questions, pas de réponses évidentes. Et vous, quels sont vos usages ?

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